PARIS (AFP) — Après les européennes, l'UMP et ses partenaires ont installé officiellement mardi autour de François Fillon un "comité de la majorité" afin de coordonner leurs forces et élargir leur assise électorale en vue des prochaines échéances, notamment les régionales de 2010.
Peu après la défaite aux municipales et cantonales de 2008, Nicolas Sarkozy avait décidé de créer un "comité de liaison de la majorité" pour "renforcer les liens" entre le parti majoritaire et ses alliés centristes.
Mais il était resté dormant, et c'est finalement près de quinze mois plus tard, dans la foulée d'un succès aux européennes, qu'est installé ce "comité" piloté par le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, sous la houlette de François Fillon, à son siège au 216 Boulevard Saint Germain à Paris.
"Cette structure c'est un choix politique qui va nous conduire à préparer ensemble les échéances électorales", a expliqué François Fillon lors de l'inauguration des locaux.
"Nous voulons vraiment qu'il soit un laboratoire d'idée, un lieu de confrontation de projets qui incarnent la diversité la plus large possible de la société française", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre était entouré des responsables de la majorité dont Xavier Bertrand (UMP), Hervé Morin (Nouveau centre), les ex socialistes Jean-Marie Bockel (Gauche moderne) et Eric Besson (Progressistes) ainsi que Christine Boutin (Parti Chrétien démocrate), tous membres de ce comité. Jean-Louis Borloo qui préside le Parti radical valoisien (co-fondateur de l'UMP) était absent de la réunion.
Ce comité, qui devrait se réunir une fois par mois, pourra également ouvrir le dialogue à "d'autres acteurs", a précisé Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, en citant notamment "les chasseurs". "Il y a la volonté de dialoguer avec nous de la part de certains", a-t-il ajouté.
Il n'y aura pas de "courants au sein de la majorité", a prévenu M. Bertrand "mais une ligne politique claire".
La Gauche moderne et Les Progressites ont vu le jour après l'élection de Nicolas Sarkozy pour favoriser l'"ouverture" après l'entrée de ses créateurs au gouvernement. Ces deux formations entendent aujourd'hui capter les abstentionnistes (60% aux européennes), et les électorats "en déshérence" du Parti socialiste et du MoDem, après leurs revers aux européennes.
Tous deux veulent être "présents dans toutes les régions" au côté du grand partenaire, sur des listes de rassemblement dès le premier tour ou des listes d'alliance au second.
Côté Nouveau centre qui désignera le 8 juillet ses propres chefs de file, Maurice Leroy explique que "l'intelligence commandera l'union dès le premier tour dans certaines régions et dans d'autres d'occuper tout l'espace au premier tour pour se rassembler au second".
Il souligne la capacité du Nouveau centre à "élargir l'offre politique", et à être "autonome". "Mais on ne veut pas seulement exister, on veut gagner. On est centriste pas égocentriste".
L'UMP, qui ne préside plus que deux régions métropolitaines sur 22, a d'ores et déjà désigné la plupart de ses chefs de file, dont plusieurs poids-lourds du gouvernement, et un député valoisien, Laurent Hénart.
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